La Saint-Valentin brise-t-elle des coeurs?

On est un samedi de février, les journées sont courtes, l’hiver est trop long et les préoccupations du travail ne t’ont pas lâchées passé la porte du bureau. Tu repenses encore à la chicane que tu as eu hier avec ta douce moitié (oui,  la même chicane qui revient tout le temps) et la période des impôts arrive avec sa petite migraine habituelle. 

Ah, pis c’est le samedi de la Saint-Valentin. 

L’occasion toute désignée pour penser à ta relation, pas qu’elle ne va pas bien, mais c’est rendu moins évident de retrouver les fameux papillons du début. Vous vous sentez tous les deux engloutis par la routine, les tâches, la fatigue de tout-ce-qui-se-passe-dans-le-monde-en-ce-moment-voyons-on-peut-tu-reprendre-notre-souffle

Les moments de qualité avec ta douce moitié sont formidables, mais occupent finalement une bien petite place dans le calendrier annuel. Le dernier moment était aux vacances d’hiver, le prochain sera à la semaine de relâche puis ça ira aux vacances d’été. Ce n’est pas que vous ne vous voyez pas, mais plier du linge en écoutant un podcast chacun de votre côté et regarder Netflix en scrollant sur vos téléphones respectifs - même si vous pouvez l’apprécier - ce n’est pas tout à fait des moments qui soutiennent le développement d’un réel sentiment de connexion.

Qu’est-ce qui arrive quand la célébration de l’amour fait irruption au milieu du sentiment de déconnexion et d’un quotidien où on a de la difficulté à juste prendre le temps d’être ensemble? 

Quand tu y penses, t’as un petit pincement au cœur. T’es déçu.e et tu sais pas trop quoi en faire.
Ce serait beaucoup demander à une fête commerciale que d’agir comme réparateur d’un manque de connexion dans une relation, non? 


Ouin, contrairement à ce que le marketing entourant la Saint-Valentin nous dit, le sentiment de connexion ne s’entretient pas à coup de grands gestes romantiques… la réalité est un peu moins exaltante et sexy. 

Ce sont les petites choses, un peu à tous les jours:

  1. C’est la main posée au bas du dos quand on passe à côté de l’autre;

  2. C’est de préparer le café de l’autre le matin, juste parce que;

  3. C’est prendre le temps de s’embrasser pour vrai quand on part le matin au lieu de se crier bye d’un bord à l’autre de la maison;

  4. C’est de démontrer son appréciation à l’autre, de dire merci, de prendre le temps de dire je t’aime;

  5. C’est partager notre monde intérieur, se montrer vrai et voir l’autre dans tout son vrai aussi;

  6. C’est prendre le temps de demander: «Comment elle a été ta journée?» Et de s’intéresser à la réponse;

  7. C’est faire des bids for connexion et être capable d’être réceptif·ve à ceux de l’autre.


Les bids for connexion ou offres de connexion, en français, est un concept développé par Dr John Gottman et Julie Schwartz Gottman pour décrire les petits moments du quotidien où on recherche à connecter avec notre partenaire. Ça peut être en pointant quelque chose à regarder ensemble (un beau p'tit chien!), s'envoyer une vidéo drôle ou prendre le temps de résumer son rêve, même s'il avait aucun sens, juste pour partager son monde intérieur.


Les vacances et les grands gestes romantiques ne vont pas nuire à la relation, mais sans constance dans le maintien de la connexion par des petits gestes au quotidien… ils s’avèrent bien souvent insuffisants, jusqu’à même être perçus comme désincarnés si le reste de la relation est en grande souffrance. 


Ces petits gestes prennent tout leur sens dans les couples à long terme parce qu’au-delà de l’engagement qui sécurise, ça peut aussi venir avec des défis:

  • La routine et les responsabilités qui prennent plus de place;

  • Un désir sexuel qui demande plus de travail à susciter;

  • Des évènements de vie qui ont fragilisé la dynamique relationnelle et sexuelle;

  • Des rancunes qui trainent et qui nous empêchent de faire le premier pas de connexion vers l’autre.

Ces défis ne sont pas insurmontables (dis-nous si tu aimerais qu’on aborde davantage le sujet des défis des couples de longue durée!) et l'entretien du sentiment de connexion fait partie de ce qui aide à y faire face. 

Si réfléchir à son couple à la Saint-Valentin crée un petit pincement au cœur (et encore plus si ça le brise) ça peut être une belle opportunité d’être curieux·se et de regarder d’un peu plus près ce qu’il se passe dans la relation. On peut se demander: Est-ce que mes besoins et mes attentes sont bien répondues? Est-ce que j’arrive à les communiquer? Est-ce que j’ai l’impression de bien comprendre ce qui vit mon·ma partenaire dans notre lien? Est-ce qu’on aurait besoin d’aide pour y voir plus clair?

Et si c’est le cas, on est juste là. 

Coralie Dussault

Coralie est associée et co-propriétaire de la clinique. Elle est aussi sexologue-psychothérapeute et elle est là pour vous aider dans vos difficultés de couple ou individuelles dans un environnement sécuritaire et bienveillant.

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